ecu

L'Eglise Saint-Roch de LOFFRE

ecu


 En 1849, l’idée de construire un lieu de culte à LOFFRE fait rapidement le tour du village et suscite un grand enthousiasme de la part des habitants. 

Une chapelle dédiée à Saint-Roch sera érigée sur la place du village (emplacement de l’église actuelle). 

Pour financer la construction, le maire Pierre-Joseph CARON décide d’organiser une souscription dans le village et rassemble une équipe de volontaires  pour une participation active à la construction. Les loffriens sont fiers de leur chapelle. Certes, ils sont encore dépendants de la paroisse de MONTIGNY, mais ici ils se sentent chez    eux, un endroit privilégié pour le recueillement.

 En 1856 ,une étape supplémentaire est acquise  lorsque l’Archevêque de CAMBRAI donne son accord à ce que la chapelle de LOFFRE soit desservie pour le culte du dimanche par le curé de MONTIGNY, l’abbé Gustave MASQUELIER.

Dans le même temps, la municipalité confie à l’architecte Mr DEMANT, l’étude d’un projet d’agrandissement du bâtiment pour en faire une petite église. Il reste alors à trouver le financement, et pour cela toutes les bonnes idées sont recueillies. C’est encore une formidable mobilisation, car tout le monde soutient ce projet audacieux. C’est vrai qu’un village sans église, ça n’existe pas !

Une souscription est rapidement décidée parmi les 50 foyers constituant la commune, permettant de recueillir la coquette somme de 3 000 francs, dépassant l’espérance du maire.

Cet événement fort dans la vie de la cité, rassemble la population, la municipalité et le clergé. Croyants et non croyants réunis, font la démonstration que LOFFRE doit-être une terre d’enracinement. La construction est terminée en 1859 permettant l’utilisation des lieux pour les offices, mais il faudra attendre juillet 1860 pour la réception définitive.

chapelle maire caron Loffre

L'église vers 1860

Pour l’instant, c’est une église sans clocher.
Une petite cloche est tout de même installée sur un portique, scellé à l’extérieur dans la maçonnerie de la façade. 
En 1868, un marché est signé avec Jean-Baptiste MOMAL charpentier à LEWARDE, pour la construction complète d’un clocher avec l’installation définitive de la cloche à l’intérieur.
La fonction de chapelain est alors pleinement assurée par l’abbé Henri DUTILLEUL, jusqu’ici vicaire à MONTIGNY. Il le restera jusqu’en 1913, avant d’être nommé curé.
Pour l’instant il s’installe définitivement à LOFFRE, dans un presbytère construit à ses frais, à l’angle de la rue des Moines et de la rue Saint-Jean. Désormais, les liens de dépendance avec la paroisse de MONTIGNY sont définitivement tombés.


En 1895, le maire Charles GRIMBERT fait une donation importante à la commune, dont la valeur sera réservée à un second agrandissement de l’église, avec son mobilier complet, autel, banc de communion, chaises, éclairage au gaz et un  bâtiment annexe pour la sacristie et le catéchisme.
C’est l’église telle que nous la voyons aujourd’hui.

eglise grimbert Loffre

L'église agrandie par le maire Charles GRIMBERT

En voyant leur église toute rutilante, ces braves gens ne peuvent penser à autre chose qu’au travail et aux privations qu’elle a coûtés durant presque un demi-siècle, à ceux qui ont œuvré et payé de leur personne pour qu’elle soit là, enfin aux généreux donateurs qui ont contribué à sa réalisation. C’est bien l’église de tous!           
                                            

église saint Roch Loffre 1903

L'église  en 1903
église saint Roch Loffre 1921
L'église en 1921

église saint Roch Loffre 1945

Intérieur de l'église en 1945 lors du passage de la vierge de Lourdes

église saint Roch Loffre 1952
Intérieur de l'église décoré par l'abbé LAMENDIN avec l'aide de bénévoles

église saint Roch Loffre 2006

Intérieur de l'église en 2006

La cloche Henriette-Eugénie

Dans toutes les communes, encore plus dans les petits villages, les habitants ont un attachement sans réserve à leur clocher. Il est leur symbole, leur empreinte, leur repère. 

A LOFFRE, une première cloche est installée en 1860 sur un portique scellé à l’extérieur, dans la maçonnerie de la façade de l’église. 
Cette cloche avait son sonneur. Ensemble, ils ne rataient jamais l’heure de l’Angélus, prévenant ainsi les fermiers aux champs de la fin du travail. Ils s’efforçaient de faire partager entre les habitants les moments de joie et aussi les peines. Enfin, l’appel des paroissiens était de rigueur pour le salut du soir et le culte du dimanche. 

Très sollicitée, la cloche provoquait des vibrations et des dégâts importants furent constatés dans le mur et le plafond de l’église, d’où la nécessité de construire d’urgence un clocher. 

Un marché est signé en 1868 avec Jean-Baptiste MOMAL charpentier à LEWARDE, pour la construction d’un clocher au-dessus du porche d’entrée de l’église. Notre cloche y trouve sa place, à l’abri et bien accrochée. Elle est mise en action par une longue corde dont l’extrémité enroulée sur une roue à gorge la fait balancer. La guerre de 1914-18 laisse des cicatrices partout. 

La cloche de l’église que l’on croyait perchée à demeure dans le clocher, est prise par les occupants allemands. Emmenée et fondue, le bronze récupéré sera réservé à la fabrication des canons. Quel triste destin !

En 1922, la commune bénéficiant des indemnités de dommages de guerre, passe commande d’une nouvelle cloche à l’entreprise C. Wauthy à DOUAI, fondeur spécialisé.

Son poids est de 130 kg, en bronze de qualité, d’une hauteur de 50 cm environ et autant en diamètre, elle a la particularité de sonner le « la ». Bien décorée, elle porte sur le pourtour de sa jupe un texte en relief : 

"Je chante le Sacré-Coeur. Le Sacré-Coeur a ouï et préservé Loffre. Je pleure nos 14 compatriotes morts pour la France en 1914-1918. J’ai été baptisée le 20 août 1922 sous le nom de Henriette-Eugénie par Mr le Chanoine O. Rouint doyen curé de Notre-Dame à DOUAI, Mr F.Fauqueux étant maire de LOFFRE, Ch. Bosquet curé de MONTIGNY. Mon parrain a été Maîtretre H. DUTILLEUL fondateur et premier curé de la paroisse. Ma marraine a été Mme F. FAUQUEUX née Eugénie DUQUESNOY. "

Les anciens qui ont vécu l’événement n’ont pas oublié son arrivée au village toute rutilante, caressée et admirée par les habitants. Avant de rejoindre sa niche, comme pour une naissance elle est baptisée sous le nom charmant de HENRIETTE - EUGENIE.

Ce jour là le village est en liesse, c’est un peu comme une revanche sur le passé !   

En 1949, la réfection du clocher de l’église sera un évènement important dans la commune . Le travail est confié à un artisan couvreur de Lewarde, qui a eu également la charge de remplacer la girouette défaillante par un nouveau coq gaulois.
Avant son installation, le coq fut porté en triomphe par le professionnel qui recueillait dans chaque foyer quelques sous. C’était pour les habitants une façon de le remercier. 

Du haut de son perchoir à plus de 12 mètres de hauteur, la cloche a partagé avec tous les loffriens les grands moments de gloire et de tristesse en sonnant la volée, le glas ou le tocsin selon le cas. On peut dire qu’elle en a vu des choses ! 

Aujourd’hui, préférant la discrétion, elle ne sonne plus l’Angélus depuis longtemps et tient à garder ses souvenirs pour elle toute seule. Invisible derrière ses volets entrouverts, elle continue chaque semaine à appeler les paroissiens au culte et à annoncer les grands évènements. Mais les temps ont changé, et notre cloche s’est adaptée aux moyens modernes en abandonnant la corde de manoeuvre. 

En 2006 la municipalité a décidé d’électrifier la sonnerie.

C’est une autre façon de montrer qu’elle est toujours présente, prête à rendre service.

Haut de page

Retour à l'accueil du site